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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 20:43

La tournure prise par les débats autour de la prochaine élection présidentielle en République Démocratique du Congo est déroutante. Le camp du président Kabila a trouvé un subterfuge en faisant valider la continuité du pouvoir par l’équipe sortante jusqu’à la désignation par élection d’un nouveau président. C’est un piège et c’est en même temps une opportunité qu’aurait pu saisir les forces politiques en lutte pour clarifier la situation. Un piège parce que les élections étant organisées par le pouvoir en place, celui-ci peut indéfiniment arguer d’une préparation insuffisante pour ne pas les tenir. Mais c’est une opportunité car ce pouvoir aurait pu être pris au mot et mis au défit d’indiquer le délai qu’il estimait nécessaire pour organiser la consultation. Il lui aurait été difficile de ne pas annoncer un délai « réaliste », au risque d’être publiquement démasqué et désigné comme la cause du blocage. Il aurait ainsi été possible de faire d’une pierre deux coups : déjouer le piège et acculer le pouvoir en place à se positionner.

Au lieu de cela, les forces en lutte semblent plus promptes à se répandre en invectives et à s’arque bouter sur l’exigence faite au président Kabila de quitter le pouvoir purement et simplement au terme échu de son deuxième et dernier mandant. Soit, mais quid de la vacance de pouvoir ? Cette exigence, bien que fondée sur une interprétation cohérente et à la lettre de la constitution, se heurte à la réalité d'une impréparation de toute évidence organisée par le pouvoir. Il est même fondé d'arguer que l'opposition a sa part de responsabilité, puisqu'il faut bien faire le constat qu'elle n'a pas réussi à convaincre (ou contraindre) le pouvoir en place de prendre en temps et heure les dispositions nécessaires pour organiser une transition maitrisée. Ces forces seraient mieux inspirées en adoptant des positions plus constructives et moins dogmatiques, inspirées par exemple de celle exprimée ci-dessus. Il n'est du reste pas certain que le pouvoir en place coopère. Mais au moins dans cette éventualité, la radicalisation de la contestation (toujours dangeureuse parce que à double tranchant) aura des arguments irréfutables de sa légitimité.

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