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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 20:23

Voici une analyse pertinente de la nouvelle doctrine militaire américaine impulsée par Barack Obama, et de ses implications en Europe et dans le monde.

Analyse pédagogique et claire de Jean Louis Gergorin, un ancien haut dirigeant du groupe d'aéronautique et de défense EADS, décryptant cette  innovation doctrinale majeure, basée sur trois composantes: forces spéciales, drones armés ou d'observation, cyberattaques.

 

Cette stratégie déjà à l'oeuvre s'est illustrée de manière spectaculaire avec l'opération Trident de Neptune qui a permis l'élimination d'Oussama Ben Laden en mai 2011 au Pakistan, et avec les frappes ciblées de drones tueurs dans de nombreux endroits abritant les ennemies des Etats Unis, notamment en Afganistan, au Pakistan et au Yémen, et même dans la corne de l'Afrique.

L'Afrique, continent où les conflits militaires pourraient  s'étendre dans les prochaines années, sera un théâtre privilégié pour le déploiement de ces nouvelles composantes.

 

Eugène Wope

11/04/201

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 21:39

Evolution intéressante ...

 

La leçon d'Idriss Deby Itno à ses pairs

 

De nature à donner une plus grande assurance aux Africains, un élément essentiel à l'émancipation du continent noir, à l'image de celle de plus en plus évidente de l'Amérique latine.

 

Eugène WOPE

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:43

Cet article initialement publié dans l'atelier E&R propose une approche intéressante pour décrypter les enjeux et les difficultés de la relation américano-israélienne:

 

Obama contre le lobby pro-israël

 

Titre un brin provocateur, pour parler d'une relation au coeur des grands équilibres de la planète depuis une quarantaine d'années.

 

Cette analyse illustre également le courage et une certaine subtilité de Barack Obama pour favoriser les conditions d'un dénouement positif, bien loin de l'image de naïveté, d'inconsistance que certains commentateurs non dénués d'arrière pensées tentent de lui coller.

 

Eugène WOPE

05/03/2013

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 21:19

M. Jacques Cheminade rend un hommage appuyé aux thèses développées à la fin des années 70 par le brillant économiste camerounais Joseph Tchuidjang Pouemi sur l'oppression monétaire infligée à l'Afrique à travers le franc CFA.

 

Discours de J. Cheminade sur le franc CFA et l’euro, au think tank africain AAALFA

 

L'engagement de tels personnalités sur des causes africaines aux côtés d'authentiques nationalistes africains est encourageant pour le long et dur combat de l'Afrique pour recouvrer sa liberté et sa prospérité.

 

Eugène Wope

13/11/2012

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 15:42

Excellente interview du grand économiste américain Joseph Stiglitz parue sur le site JDN (journaldunet.com):

 Les emplois industriels ne reviendront pas (dans les pays avancés),

reproduite in extenso ci-dessous, après un commentaire de Eugène Wope.

 

Commentaire de Eugène Wope

 

M. Stiglitz s'est notamment distingué par une critique virulente des effets néfastes des politiques du FMI et de la Banque Mondiale (il a démissionné de la BM en 2000) que l'Afrique a douloureusement expérimentée au plus fort des politiques d'ajustements structurels imposées par ces institutions aux pays africains dans les années 70-90. Il est également très engagé dans la dénonciation des excès de la mondialisation gouvernée par le seul libre-échange, conduisant à une montée insupportable des inégalités et la destruction des emplois.
M. Stiglitz aborde dans cet article le problème fondamental de la relation entre la capacité à contrôler la monnaie et la capacité à piloter l'économie pour surmonter une crise. C'est exactement le problème qui se pose aux pays africains utilisant le franc CFA,  question au cœur de l'ouvrage de référence "Monnaie, servitude et liberté" rédigé par un autre brillant économiste M. Tchuidjang Pouemi. Ce dernier de regrettée mémoire a en effet démontré à suffisance les mécanismes d'asservissement et d’appauvrissement des pays africains à travers le franc CFA en usage dans ces pays et contrôlé par la France.

Bâtir une économie sur une monnaie qu'on ne contrôle pas peut être à la rigueur envisageable dans l'hypothèse d'une croissance continuelle. Cette croissance continuelle est impossible, l'économie est soumise à des cycles. En situation de dépression économique, un état qui n'a pas ce contrôle est privé d'une bonne partie des moyens permettant de mettre en œuvre un plan de relance efficace. Il devient en quelque sorte l'otage des banques vers lesquelles il est obligé de se tourner pour financer la relance de son activité intérieure, et en subit le dictat. Ces dernières peuvent même organiser une "pénurie artificielle" de liquidité pour manipuler les taux d'intérêt et maximiser leurs profits.

La mutualisation de la dette est en effet un moyen pouvant permettre de contenir la crise de la zone euro. Cependant M. Stiglitz n'a pas souligné le fait que cette solution n'est envisageable qu'accompagnée d'un transfert de souveraineté, l'abandon d'une partie des prérogatives régaliennes des états sur l'élaboration de leur budget et de leurs dépenses. Peu de pays européens sont aujourd'hui prêts à l'accepter. C'est très précisément cette même difficulté que rencontrerait la création d'un monnaie commune africaine en remplacement du CFA, peu de pays africains (pour ne pas dire aucun) étant disposé à renoncer à une parcelle quelconque de sa souveraineté. Donc pour engager cette évolution pourtant indispensable et hautement souhaitable vers une souveraineté monnaitaire africaine, il faut avoir trouvé une réponse convenable à cette exigence d'une gouvernance également "mutualisée", avec pour corolaire un droit de contrôle exercé par une autorité externe aux états. Un défis pour nos dirigeants extrêmement jaloux de leurs prérogatives qu'ils exercent en général sans partage.

 

 

 

Interview (copyright journaldunet.com):

Prix Nobel d'économie et figure du nouveau keynésianisme, l'économiste américain publie "Le Prix de l'inégalité". Il répond au JDN.


Les politiques de relance keynésienne de 2008, en faisant s'envoler les dettes publiques au point de rendre leur remboursement hypothétique, ne sont-elles pas les vraies responsables de la crise de la dette ?

Non, c'est n'importe quoi. Les dettes n'ont pas engendré la détérioration de l'économie, c'est le contraire. Les Etats-Unis ont davantage augmenté leur dette que l'Europe or, qu'est-il arrivé aux taux d'intérêt ? Ils sont nuls. En revanche, il est vrai que la zone euro présente des défauts fondamentaux qui ont été exposés lorsque les dettes ont augmenté.

La vraie question est la même que celle observée dans les pays en développement. Si vous empruntez en devises étrangères, alors vous avez un problème. A contrario, les Etats-Unis empruntent en dollars et peuvent contrôler leur monnaie. L'Europe a en réalité créé une devise étrangère. L'Espagne emprunte dans une devise qu'elle ne contrôle pas ; elle est contrôlée à Francfort. C'est le problème fondamental.

"L'Europe a en réalité créé une devise étrangère."

De ce point de vue, l'Espagne ressemble à un pays en voie de développement. Ce qui s'y passe n'a absolument rien à voir avec la dette puisque le pays disposait d'un budget en excédent avant la crise et son ratio dette/PIB est relativement raisonnable. Mais l'Espagne est en dépression. Et qui garantit les banques ? Le gouvernement. Or, préfère-t-on placer son argent dans une banque soutenue par le gouvernement espagnol ou par le gouvernement allemand ? Evidemment le gouvernement allemand. Donc l'argent va dans les banques allemandes ce qui affaiblit les banques espagnoles qui ne peuvent prêter. Donc l'économie se dégrade. Ce qui augmente la dette.

 

Quelles sont les trois mesures d'urgence qu'il faudrait adopter pour sortir la zone euro de la crise ?

D'abord la mutualisation de la dette. Elle peut prendre des formes diverses : euro bonds, prêts de la BCE, etc. Ensuite la mise en place d'un système bancaire européen. Sans cela, l'argent échappera aux pays pauvres pour se réfugier dans les pays riches. Ce sont deux conditions absolument nécessaires. Enfin, l'Europe doit disposer d'un cadre qui lui permette de faire face à des chocs à court terme et d'assurer une véritable convergence à long terme. Lorsque la zone euro a été créée et les critères de convergence discutés, il était admis par tous qu'il suffisait de maintenir le déficit budgétaire en dessous de 3% du PIB. C'est n'importe quoi. La convergence est bien plus complexe que cela.

 

Pensez-vous que la dette de la Grèce doit être effacée. Si oui, qui doit payer, sachant qu'elle est en réalité détenue par de petits épargnants via des mécanismes de fonds de pension ou d'assurance-vie ?

Depuis 150 ans, nous reconnaissons la responsabilité des créanciers face à l'évaluation des risques. La faute est autant imputable aux créanciers pour avoir trop prêté qu'aux débiteurs pour avoir trop emprunté. Un système économique ne peut fonctionner que s'il y a possibilité de bénéficier d'un nouveau départ, en l'occurence une restructuration de la dette, c'est-à-dire une faillite dans le secteur privé.

Lors de ce processus, les pertes des créanciers devraient être minimes. Car en règle générale, lors de tels placements avec un gros risque de défaut, les taux d'intérêt sont plus élevés et les retours sur investissement également. Donc, en moyenne, ces retours compensent largement la perte lors d'un défaut.

"C'est à l'Allemagne de partir. L'euro serait moins cher et l'Europe plus compétitive."

Dans le cas précis de la Grèce, il faudrait sans doute renflouer les particuliers qui risquent d'être touchés. Mais je suis ni trop inquiet, ni trop peiné pour les fonds de pension ou d'assurance-vie car ils auraient dû surveiller les cours. On ne va pas de AAA à F du jour au lendemain. Ils n'avaient aucune raison de conserver ces actifs.

 

Certains pays, comme la Grèce, devraient-ils quitter la zone euro ?

Ou alors c'est à l'Allemagne de partir... L'euro serait moins cher et l'Europe plus compétitive.

 

Le "business model" de l'Etat-nation, à savoir prélever des impôts sur les activités réalisées sur son territoire, est-il encore tenable ? Comment prendre en compte Internet, le commerce mondial, de la mobilité des travailleurs ?

C'est encore tenable mais la mondialisation a rendu la tâche plus difficile de deux façons. D'abord, il devient plus compliqué d'identifier où est véritablement réalisée l'activité économique d'une entreprise. Ensuite, il faut déterminer si cette activité a lieu pour des raisons économiques ou fiscales.

Aujourd'hui, le cadre utilisé à l'international s'appelle le système de prix de transfert. Afin de déterminer l'activité réalisée dans un pays, vous observez la valeur des biens exportés et celle des biens importés, la différence étant la valeur ajoutée dans votre pays. Le problème, lorsqu'on a affaire à de grands groupes, c'est que les biens ne sont pas forcément vendus dans leur lieu de production. Une étape de la production peut donc avoir lieu en Irlande, puis les biens sont expédiés aux Etats-Unis puis ailleurs, tout cela au sein d'une même entreprise.

Les entreprises doivent donc "fabriquer" des prix, appelés prix de transfert. Seulement, elles le font de sorte à montrer des profits là où les impôts sont faibles et des pertes là où ils sont élevés. Ceci signifie que la valeur enregistrée n'a aucun lien avec la valeur ajoutée. Certaines compagnies pharmaceutiques prétendent que la valeur ajoutée de leurs produits a lieu en Irlande à cause du faible taux d'imposition, or leurs revenus se font aux Etats-Unis.

Nous avons donc besoin d'un cadre légal international qui puisse prévenir ces deux sortes d'évasion fiscale. Et c'est possible. Les Etats comme New York ont donc abandonné le système du prix de transfert et ont opté pour ce que l'on appelle une approche normée : si l'on s'aperçoit que 80% de vos employés, 80% de vos machines, 80% de vos ventes et 80% de vos profits ont lieu dans l'Etat de New York, alors on estime que 80 % de vos profits sont à New York. C'est une approche raisonnable.

 

Dans la mondialisation, le secteur industriel des économies avancées souffre d'un fort déficit de compétitivité. Ce déficit est-il rattrapable ? Les Etats occidentaux ont-ils raison de vouloir à tout prix sauver leur industrie ?

"Dans l'industrie, la hausse de la productivité a été beaucoup plus forte que l'augmentation de la demande."

Les emplois industriels ne reviendront pas, peu importe que l'on soit "plus compétitif". Dans l'industrie, la hausse de la productivité a été beaucoup plus forte que l'augmentation de la demande. Ainsi, l'emploi dans l'industrie à travers le monde baissera de toute façon.

De plus, la compétitivité dépend largement des taux de change. Si vos autorités monétaires continuent de maintenir des taux d'intérêt élevés par rapport au reste du monde, les taux de change vont demeurer élevés, ce qui accentue le manque de compétitivité.

Mais un pays peut également avoir une économie de services dominante. Cela me rappelle des discussions dans les années 20, lorsque l'on se demandait si une économie pouvait subsister sans un secteur agricole important. Et oui, vous pouvez bénéficier d'une économie prospère avec un secteur agricole qui représente seulement 2% de la main d'œuvre.

 

Parlons des Etats-Unis. Vous écrivez qu'il existe deux visions possibles de l'Amérique dans un demi-siècle : l'une avec une société divisée entre possédants et non-possédants, l'autre avec une société où l'écart entre les deux a rétréci. Quelle vision nous attend ?

Deux fois dans notre histoire nous avons connu une inégalité insupportable : à la fin du 19e siècle, avec l'âge doré suite à la guerre de Sécession, et lors des années 1920, les "Roaring twenties". Les deux fois, nous avons réussi à faire marche arrière grâce à l'ère progressiste et le New Deal. Cela me donne de l'espoir mais chaque période est différente. Et avec le rôle qu'occupe l'argent en politique aujourd'hui, la manière dont il corrompt nos politiques... Il est possible que nous ne puissions plus reculer. Dans ce domaine, la situation américaine est sans commune mesure avec l'Europe.

 

Le livre

stiglitz prix inegalite

A ce propos, les principaux donateurs particuliers de Mitt Romney sont tous issus du monde de la finance. Peut-on dire qu'il est le candidat des banques ?

C'est en tout cas le candidat des 1% [les plus riches, NDLR] et il fait campagne comme tel. Malheureusement, les deux candidats perçoivent énormément d'argent des banques. Ce n'est pas si surprenant puisque l'argent, en grande partie, se trouve là.

 

Obama ne serait donc pas vraiment un candidat anti-finance ?

De nombreuses décisions prises par l'administration Obama ont été marquées par l'influence excessive des banques. Pas toutes ! Le fait que les banques soient si fâchées après lui démontre qu'il les a tout de même gênées. Mais Dodd Frank (la réforme du secteur financier, NDLR) n'allait pas suffisamment loin et certaines personnes au sein de son administration reflétaient trop les intérêts des banques.

 

Qu'a-t-il réussi selon vous ?

Cela dépend de votre point de référence. Son plan de relance était bien meilleur que celui de Bush mais il n'allait pas assez loin et n'était pas assez bien conçu. Dodd Frank, le logement... Dans tous ces domaines les républicains n'ont et n'auraient pas fait mieux. Mais il reste encore tant à réaliser. Cependant, tardivement, Obama s'en est rendu compte. Et ce qu'il va parvenir à entreprendre dépend en grande partie des élections pour le Congrès.

 

"Obama a raté l'opportunité qu'offrait cette crise de réformer."

Rahm Emmanuel, le premier secrétaire de la Maison Blanche d'Obama en 2009 et 2010, a déclaré "[Il ne faut pas] gâcher une crise sérieuse. C'est une opportunité de faire des choses que vous pensiez irréalisables avant"...

Ils l'ont gâchée ! Ils ont raté l'opportunité qu'offrait cette crise de réformer. A la convention démocrate, la question se posait ainsi "Etes-vous mieux lotis qu'il y a quatre ans ?" Oui, vous êtes forcément en meilleure posture lorsque le feu a été éteint. Mais avons-nous analysé les causes de l'incendie afin de prévenir un autre à l'avenir ? La réponse est non.

 

 

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 20:32

Cette analyse de Jacques Cheminade, intellectuel et homme politique français, plusieurs fois candidat à l'élection présidentielle française, relit l'ouvrage fondamental du grand précurseur africain de la pensée économique Joseph Tchuidjang Pouemi à la lumière de l'actualité chahutée par les excès de la mondialisation :

Du franc CFA à l’euro : Joseph Tchuindjang Pouemi, monnaie, servitude et liberté

Les théories développées par J. Tchuidjang Pouemi restent d'une extraordinaire actualité. Ainsi, Jacques Cheminade souligne avec pertinence : "Nous sommes aujourd’hui en août 2012, plus de trente ans après que Tchuindjang Pouemi eut publié son ouvrage, et non seulement sa critique dévastatrice du franc CFA reste plus juste que jamais, mais elle s’applique tout aussi bien à l’euro, car dans les deux cas, ceux qui ont inspiré la création de ces monnaies se sont abreuvés et s’abreuvent à la même source.".  

Il fait également remarquer que : "Redécouvrir l’œuvre de Joseph Tchuindjang Pouemi n’est pas seulement se pourvoir d’un moyen essentiel pour « comprendre les douleurs de l’Afrique » , mais plus généralement pour resituer la monnaie comme « phénomène social par essence » ."

 

Eugène Wope

02/09/2012

 

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 19:35

Cet article publié sur le site liberation.fr le 21/12/2010,

Le français, langue inutile pour les Américains?

pose de manière brutale la question de la place du français comme langue de communication dans le monde.

 

«Parmi 6.000 langues existantes, pourquoi serait-il si important d'apprendre celle qui est parlée dans un petit pays européen à l'influence en déclin constant?»: assène John McWhorter, éminent éditorialiste, licencié es lettres françaises,  ce qui suscite un grand émoi parmi les élites intellectuelles et les autorités françaises.

 

Je relis avec intérêt le commentaire que j'ai rédigé le 21/12/2010 après la lecture de cet article, pour le partager avec vous ci après.

 

Ce qui est intéressant, c'est de constater l'énergie avec laquelle les Français défendent leur langue effectivement en déclin. Cela est parfaitement logique et justifié de leur point de vue, au delà de la fonction de communication la langue véhicule la culture et façonne en quelque sorte l'essence même de l'individu. La défense du français est logiquement une question vitale pour un Français.
  
Mais alors on ne comprend plus ces Africains qui délaissent leur propres langues pour épouser parfois avec un enthousiasme un peu excessif la défense de la francophonie. Le français devrait leur apporter la capacité de communiquer plus largement, mais ils doivent impérativement conserver leur singularité à travers l'appropriation de leur propre culture qui passe nécessairement par la maîtrise et l'usage de leur langue propre (pas suffisant mais nécessaire!).
  
Je rappelle cette citation de Césaire, dans la suite de la pensée de Hégel, qui dit en substance : "L'atteinte de l'universel ne peut se faire qu'à travers l'approfondissement de sa singularité". Elle traduit la puissance de la pensée de ce géant de la pensée humaine. Elle traduit à elle seule l'opposition entre Césaire et Senghor, entre un génie (Césaire) et un érudit sans génie (Senghor). Ce dernier, handicapé par un complexe d'infériorité irrépressible vis à vis de l'homme blanc., embrasse d'abord la culture de l'universel pour mieux oublier sa sienne propre qu'il ne peut assumer qu'à travers des clichés condescendants qu'il partage avec les "humanistes" occidentaux, comme lorsqu'il évoque sa mère la femme africaine à travers ses poèmes ...
  
P.S: il faut noter ce point singulier que malgré cette opposition, Césaire n'a jamais publiquement critiqué son ami Senghor, par amitié, par loyalisme ... Encore un éclairage sur l'immensité de Césaire.

 

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 18:42

Le grand linguiste Claude Hagège, professeur au Collège de France, tient dans cet entretien publié sur le site lexpress.fr ce constat lucide et sans appel :

Le titre donné à cet article est évocateur et parfaitement juste. Il rappelle l'impérieuse nécessite pour l'Afrique d'utiliser ses propres langues et non systématiquement des langues étrangères, souvent hérités du colonialisme, au motif qu'elles sont "internationales". Dire que certains de nos parents africains, pensant bien faire, ont interdit à leurs enfants l'apprentissage et l'usage de leur propres langues locales! Il est aujourd'hui urgent de rattraper de telles graves erreurs d'appréciation en mettant en place une ambitieuse politique de réappropriation de nos langues, qu'elles soient natives ou domestiquées (comme le pidgin english).


Eugène Wope

25/08/2012

 

 

Ci-dessous l'entretien in-extenso:

Claude Hagège: "Imposer sa langue, c'est imposer sa pensée"

Par Michel Feltin-Palas (L'Express), publié le 28/03/2012 à 11:00, mis à jour le 03/04/2012 à 10:26

 

Faut-il s'inquiéter de la domination de la langue anglaise? Les langues nationales vont-elles disparaître? Sans chauvinisme ni ringardise, le linguiste Claude Hagège dresse un constat lucide de la situation. Rencontre. 


Claude Hagège: "Imposer sa langue, c'est imposer sa pensée"

En amoureux des langues,Claude Hagège défend la diversité et s'oppose fermemement à la domination de l'anglais.

Yann Rabarier/L'Express

Claude Hagège en 5 dates

1955 Entrée à l'Ecole normale supérieure 

1966 Première enquête linguistique de terrain, au Cameroun 

Depuis 1988 Professeur au Collège de France 

2009Dictionnaire amoureux des langues (Plon). 

2012Contre la pensée unique (Odile Jacob) 

La Semaine de la langue française, qui vient de s'achever, n'aura pas suffi à mettre du baume au coeur de Claude Hagège. Car le constat du grand linguiste est sans appel : jamais, dans l'histoire de l'humanité, une langue n'a été "comparable en extension dans le monde à ce qu'est aujourd'hui l'anglais". Oh ! il sait bien ce que l'on va dire. Que la défense du français est un combat ranci, franchouillard, passéiste. Une lubie de vieux ronchon réfractaire à la modernité. Il n'en a cure. Car, à ses yeux, cette domination constitue une menace pour le patrimoine de l'humanité. Et fait peser sur elle un risque plus grave encore : voir cette "langue unique" déboucher sur une "pensée unique" obsédée par l'argent et le consumérisme. Que l'on se rassure, cependant : si Hagège est inquiet, il n'est pas défaitiste. La preuve, avec cet entretien où chacun en prend pour son grade... 

 

Comment décide-t-on, comme vous, de consacrer sa vie aux langues?

Je l'ignore. Je suis né et j'ai grandi à Tunis, une ville polyglotte. Mais je ne crois pas que ce soit là une explication suffisante : mes frères, eux, n'ont pas du tout emprunté cette voie.  

Enfant, quelles langues avez-vous apprises?

A la maison, nous utilisions le français. Mais mes parents m'ont fait suivre une partie de ma scolarité en arabe - ce qui montre leur ouverture d'esprit, car l'arabe était alors considéré comme une langue de colonisés. J'ai également appris l'hébreu sous ses deux formes, biblique et israélienne. Et je connaissais l'italien, qu'employaient notamment plusieurs de mes maîtres de musique. 

Combien de langues parlez-vous?

S'il s'agit de dénombrer les idiomes dont je connais les règles, je puis en mentionner plusieurs centaines, comme la plupart de mes confrères linguistes. S'il s'agit de recenser ceux dans lesquels je sais m'exprimer aisément, la réponse sera plus proche de 10. 

Beaucoup de Français pensent que la langue française compte parmi les plus difficiles, et, pour cette raison, qu'elle serait "supérieure" aux autres. Est-ce vraiment le cas?

Pas du tout. En premier lieu, il n'existe pas de langue "supérieure". Le français ne s'est pas imposé au détriment du breton ou du gascon en raison de ses supposées qualités linguistiques, mais parce qu'il s'agissait de la langue du roi, puis de celle de la République. C'est toujours comme cela, d'ailleurs : un parler ne se développe jamais en raison de la richesse de son vocabulaire ou de la complexité de sa grammaire, mais parce que l'Etat qui l'utilise est puissant militairement - ce fut, entre autres choses, la colonisation - ou économiquement - c'est la "mondialisation". En second lieu, le français est un idiome moins difficile que le russe, l'arabe, le géorgien, le peul ou, surtout, l'anglais.  

L'anglais ? Mais tout le monde, ou presque, l'utilise!

Beaucoup parlent un anglais d'aéroport, ce qui est très différent ! Mais l'anglais des autochtones reste un idiome redoutable. Son orthographe, notamment, est terriblement ardue : songez que ce qui s'écrit "ou" se prononce, par exemple, de cinq manières différentes dans through, rough, bough, four et tour ! De plus, il s'agit d'une langue imprécise, qui rend d'autant moins acceptable sa prétention à l'universalité.  

Imprécise?

Parfaitement. Prenez la sécurité aérienne. Le 29 décembre 1972, un avion s'est écrasé en Floride. La tour de contrôle avait ordonné : "Turn left, right now", c'est-à-dire "Tournez à gauche, immédiatement !" Mais le pilote avait traduit "right now" par "à droite maintenant", ce qui a provoqué la catastrophe. Voyez la diplomatie, avec la version anglaise de la fameuse résolution 242 de l'ONU de 1967, qui recommande le "withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict". Les pays arabes estiment qu'Israël doit se retirer "des" territoires occupés - sous-entendu : de tous. Tandis qu'Israël considère qu'il lui suffit de se retirer "de" territoires occupés, c'est-à-dire d'une partie d'entre eux seulement.  

Est-ce une raison pour partir si violemment en guerre contre l'anglais ?

Je ne pars pas en guerre contre l'anglais. Je pars en guerre contre ceux qui prétendent faire de l'anglais une langue universelle, car cette domination risque d'entraîner la disparition d'autres idiomes. Je combattrais avec autant d' énergie le japonais, le chinois ou encore le français s'ils avaient la même ambition. Il se trouve que c'est aujourd'hui l'anglais qui menace les autres, puisque jamais, dans l'Histoire, une langue n'a été en usage dans une telle proportion sur les cinq continents. 

En quoi est-ce gênant ? La rencontre des cultures n'est-elle pas toujours enrichissante ?

La rencontre des cultures, oui. Le problème est que la plupart des gens qui affirment "Il faut apprendre des langues étrangères" n'en apprennent qu'une : l'anglais. Ce qui fait peser une menace pour l'humanité tout entière. 

A ce point ?

Seuls les gens mal informés pensent qu'une langue sert seulement à communiquer. Une langue constitue aussi une manière de penser, une façon de voir le monde, une culture. En hindi, par exemple, on utilise le même mot pour "hier" et "demain". Cela nous étonne, mais cette population distingue entre ce qui est - aujourd'hui - et ce qui n'est pas : hier et demain, selon cette conception, appartiennent à la même catégorie. Tout idiome qui disparaît représente une perte inestimable, au même titre qu'un monument ou une oeuvre d'art. 

Avec 27 pays dans l'Union européenne, n'est-il pas bien utile d'avoir l'anglais pour converser ? Nous dépensons des fortunes en traduction!

Cette idée est stupide ! La richesse de l'Europe réside précisément dans sa diversité. Comme le dit l'écrivain Umberto Eco, "la langue de l'Europe, c'est la traduction". Car la traduction - qui coûte moins cher qu'on ne le prétend - met en relief les différences entre les cultures, les exalte, permet de comprendre la richesse de l'autre. 

Mais une langue commune est bien pratique quand on voyage. Et cela ne conduit en rien à éliminer les autres!

Détrompez-vous. Toute l'Histoire le montre : les idiomes des Etats dominants conduisent souvent à la disparition de ceux des Etats dominés. Le grec a englouti le phrygien. Le latin a tué l'ibère et le gaulois. A l'heure actuelle, 25 langues disparaissent chaque année ! Comprenez bien une chose : je ne me bats pas contre l'anglais ; je me bats pour la diversité. Un proverbe arménien résume merveilleusement ma pensée : "Autant tu connais de langues, autant de fois tu es un homme."  

Vous allez plus loin, en affirmant qu'une langue unique aboutirait à une "pensée unique"...

Ce point est fondamental. Il faut bien comprendre que la langue structure la pensée d'un individu. Certains croient qu'on peut promouvoir une pensée française en anglais : ils ont tort. Imposer sa langue, c'est aussi imposer sa manière de penser. Comme l'explique le grand mathématicien Laurent Lafforgue : ce n'est pas parce que l'école de mathématiques française est influente qu'elle peut encore publier en français ; c'est parce qu'elle publie en français qu'elle est puissante, car cela la conduit à emprunter des chemins de réflexion différents.  

Vous estimez aussi que l'anglais est porteur d'une certaine idéologie néolibérale...

Oui. Et celle-ci menace de détruire nos cultures dans la mesure où elle est axée essentiellement sur le profit.  

Je ne vous suis pas...

Prenez le débat sur l'exception culturelle. Les Américains ont voulu imposer l'idée selon laquelle un livre ou un film devaient être considérés comme n'importe quel objet commercial. Car eux ont compris qu'à côté de l'armée, de la diplomatie et du commerce il existe aussi une guerre culturelle. Un combat qu'ils entendent gagner à la fois pour des raisons nobles - les Etats-Unis ont toujours estimé que leurs valeurs sont universelles - et moins nobles : le formatage des esprits est le meilleur moyen d'écouler les produits américains. Songez que le cinéma représente leur poste d'exportation le plus important, bien avant les armes, l'aéronautique ou l'informatique ! D'où leur volonté d'imposer l'anglais comme langue mondiale. Même si l'on note depuis deux décennies un certain recul de leur influence.  

Pour quelles raisons?

D'abord, parce que les Américains ont connu une série d'échecs, en Irak et en Afghanistan, qui leur a fait prendre conscience que certaines guerres se perdaient aussi faute de compréhension des autres cultures. Ensuite, parce qu'Internet favorise la diversité : dans les dix dernières années, les langues qui ont connu la croissance la plus rapide sur la Toile sont l'arabe, le chinois, le portugais, l'espagnol et le français. Enfin, parce que les peuples se montrent attachés à leurs idiomes maternels et se révoltent peu à peu contre cette politique. 

Pas en France, à vous lire... Vous vous en prenez même de manière violente aux "élites vassalisées" qui mèneraient un travail de sape contre le français.

Je maintiens. C'est d'ailleurs un invariant de l'Histoire. Le gaulois a disparu parce que les élites gauloises se sont empressées d'envoyer leurs enfants à l'école romaine. Tout comme les élites provinciales, plus tard, ont appris à leur progéniture le français au détriment des langues régionales. Les classes dominantes sont souvent les premières à adopter le parler de l'envahisseur. Elles font de même aujourd'hui avec l'anglais.  

Comment l'expliquez-vous?

En adoptant la langue de l'ennemi, elles espèrent en tirer parti sur le plan matériel, ou s'assimiler à lui pour bénéficier symboliquement de son prestige. La situation devient grave quand certains se convainquent de l'infériorité de leur propre culture. Or nous en sommes là. Dans certains milieux sensibles à la mode - la publicité, notamment, mais aussi, pardonnez-moi de vous le dire, le journalisme - on recourt aux anglicismes sans aucune raison. Pourquoi dire "planning" au lieu d'"emploi du temps" ? "Coach" au lieu d'"entraîneur" ? "Lifestyle" au lieu de "mode de vie" ? "Challenge" au lieu de "défi" ? 

Pour se distinguer du peuple?

Sans doute. Mais ceux qui s'adonnent à ces petits jeux se donnent l'illusion d'être modernes, alors qu'ils ne sont qu'américanisés. Et l'on en arrive à ce paradoxe : ce sont souvent les immigrés qui se disent les plus fiers de la culture française ! Il est vrai qu'eux se sont battus pour l'acquérir : ils en mesurent apparemment mieux la valeur que ceux qui se sont contentés d'en hériter. 

Mais que dites-vous aux parents qui pensent bien faire en envoyant leurs enfants suivre un séjour linguistique en Angleterre ou aux Etats-Unis?

Je leur réponds : "Pourquoi pas la Russie ou l'Allemagne ? Ce sont des marchés porteurs et beaucoup moins concurrentiels, où vos enfants trouveront plus facilement de l'emploi." 

Ne craignez-vous pas d'être taxé de ringardise, voire de pétainisme?

Mais en quoi est-il ringard d'employer les mots de sa propre langue ? Et en quoi le fait de défendre la diversité devrait-il être assimilé à une idéologie fascisante ? Le français est à la base même de notre Révolution et de notre République !  

Pourquoi les Québécois défendent-ils le français avec plus d'acharnement que nous-mêmes?

Parce qu'ils sont davantage conscients de la menace : ils forment un îlot de 6 millions de francophones au milieu d'un océan de 260 millions d'anglophones ! D'où leur activité néologique extraordinaire. Ce sont eux qui, par exemple, ont inventé le terme "courriel", que j'invite les lecteurs de L'Express à adopter ! 

Des limites de l'anglais en entreprise

En 1999, le PDG de Renault, Louis Schweitzer, impose l'anglais dans les comptes rendus de réunions de direction. Une mesure sur laquelle il sera obligé de revenir, à la plus grande satisfaction de Claude Hagège. "Les entreprises qui ont adopté cette mesure ont perdu en efficacité. Pour une raison simple, que décrit très bien l'ancien patron de Sanofi-Aventis, Jean- François Dehecq : "Si nous imposons l'anglais à tous, les natifs anglophones fonctionneront à 100 % de leur potentiel, ceux qui le parlent bien en seconde langue, à 50 %, et les autres, à 10 %."" "Par ailleurs, il est faux de croire que l'anglais soit indispensable pour le commerce, reprend Hagège. C'est parfois le contraire. Quand on veut vendre un produit à un étranger, mieux vaut utiliser la langue de son client, qui n'est pas toujours l'anglais ! Une grande compagnie d'eau française est allée récemment à Brasilia. Quand ses représentants ont commencé à recourir à l'anglais, cela a rendu furieux les Brésiliens, qui possèdent, comme nous, une langue d'origine latine. Par anglomanie, nos commerciaux ont transformé un avantage culturel en handicap !" 

La victoire de l'anglais est-elle irréversible?

Pas du tout. Des mesures positives ont d'ailleurs déjà été prises : les quotas de musique française sur les radios et les télévisions, les aides au cinéma français, etc. Hélas, l'Etat ne joue pas toujours son rôle. Il complique l'accès au marché du travail des diplômés étrangers formés chez nous, il soutient insuffisamment la francophonie, il ferme des Alliances françaises... Les Chinois, eux, ont ouvert 1 100 instituts Confucius à travers le monde. Il y en a même un à Arras ! 

Si une seule mesure était à prendre, quelle serait-elle?

Tout commence à l'école primaire, où il faut enseigner non pas une, mais deux langues vivantes. Car, si on n'en propose qu'une, tout le monde se ruera sur l'anglais et nous aggraverons le problème. En offrir deux, c'est s'ouvrir à la diversité.  

Nicolas Sarkozy est coutumier des fautes de syntaxe : "On se demande c'est à quoi ça leur a servi..." ou encore "J'écoute, mais je tiens pas compte". Est-ce grave, de la part d'un chef d'Etat?

Peut-être moins qu'on ne le croit. Regardez : il a relancé les ventes de La Princesse de Clèves depuis qu'il a critiqué ce livre de Mme de La Fayette ! Mais il est certain que de Gaulle et Mitterrand étaient plus cultivés et avaient un plus grand respect pour la langue. 

Le français pourrait-il être le porte-étendard de la diversité culturelle dans le monde?

J'en suis persuadé, car il dispose de tous les atouts d'une grande langue internationale. Par sa diffusion sur les cinq continents, par le prestige de sa culture, par son statut de langue officielle à l'ONU, à la Commission européenne ou aux Jeux olympiques. Et aussi par la voix singulière de la France. Songez qu'après le discours de M. de Villepin à l'ONU, s'opposant à la guerre en Irak, on a assisté à un afflux d'inscriptions dans les Alliances françaises. 

N'est-il pas contradictoire de vouloir promouvoir le français à l'international et de laisser mourir les langues régionales?

Vous avez raison. On ne peut pas défendre la diversité dans le monde et l'uniformité en France ! Depuis peu, notre pays a commencé d'accorder aux langues régionales la reconnaissance qu'elles méritent. Mais il aura fallu attendre qu'elles soient moribondes et ne représentent plus aucun danger pour l'unité nationale. 

Il est donc bien tard...

Il est bien tard, mais il n'est pas trop tard. Il faut augmenter les moyens qui sont consacrés à ces langues, les sauver, avant que l'on ne s'aperçoive que nous avons laissé sombrer l'une des grandes richesses culturelles de la France.

 

FIN.

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 20:39

Excellent article de d’Armand Massengo paru sur le site Grioo.com :

Equipe de France de Football : décoloniser les perceptions journalistiques sur les joueurs,

 

A lire absolument.

 

Extraits :

"Ce déplacement passionnel (des journalistes), d’une analyse qui devrait rester stricto-sensu sportive vers des discours publics à caractère ethnologiques sur ces fiascos à répétition, trahit la transformation progressive de la scène footballistique française en scène de luttes postcoloniales mettant aux prises les expressions publiques d’insoumissions minoritaires aux injonctions majoritaires à la limite de l’intimidation hégémonique."

 

"Le caractère infantilisant de ce discours journalistique, qui tend à faire passer ces réalités comme une spécificité des joueurs issus des minorités ethno-racialisées alors qu’elles sont largement répandues dans le milieu du foot voire même au delà, traduit un mépris de la classe journalistique française envers ces derniers, mâtiné de jalousie."

 

"Ces logiques hégémoniques dans le discours journalistique sont d’autant plus rendues visibles qu’il y a un an, au moment de l’Affaire des quotas dans l’équipe de France, toute la presse, à quelques rares exceptions près, n’avait pas jugé utile de défendre ces mêmes valeurs en déployant un cordon sanitaire autour des hiérarques fautifs de la FFF. Pourtant, entre les « Chut… » et « fils de p… » de Nasri » et les « quotas raciaux », il n’y a pas vraiment match."

 

Eugène Wope

05/07/2012

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 20:36

Cet article de Akram Belkaïd (Le quotidien d'Oran) paru sur le site SlateAfrique :

Ce que nous dit la cabale contre Christine Taubira,

nous livre une analyse pertinente sur le déchaînement sans précédent d’attaques virulentes que la récente nomination de Christiane Taubira comme garde des sceaux dans le premier gouvernement du président François Hollande a déclenché en France. Ce tintamarre médiatique a été orchestré de manière parfaitement malhonnête par certains membres éminents de la droite française obnubilés par la rancœur de leur récente défaite électorale, et par cette frange réactionnaire toujours bien représentée dans la société française, à coups de déclarations tonitruantes dans les médias et de rumeurs amplifiées sur le réseau Internet. Les milieux intellectuels et médiatiques ont observé une prudente neutralité, ou n’ont que très mollement condamné ce déferlement médiatique, traduisant une difficulté de l’élite française dans son ensemble à assumer les mutations en cours dans la société. Il parait évident que Mme Taubira a été attaquée de cette manière d’abord parce qu’elle était Noire.

 

Extraits de l’article :

« Ce serait faire preuve de malhonnêteté intellectuelle que d’affirmer qu’il y autant de blancs que de noirs qui sont victimes de racisme. Voilà où réside la faiblesse du discours des adversaires de Christiane Taubira. »

 

La première victoire de la diversité au sein de la société française consistera à pouvoir parler de racisme sans que le discours soit caricaturé en communautarisme ou en susceptibilité exacerbée.

 

Eugène Wope

05/07/2012

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